Photographe : Daniel Angeli

Raymond Depardon dit de lui qu’il est « le photographe le plus rapide après Cartier-Bresson ». Depardon, le compagnon des premières années, le copain des discussions nocturnes à n’en plus finir sur la photo, le cinéma - bref l’image - qui sera l’objet culturel dominant de cette fin de siècle.

 

Fin des années 50, Daniel Angeli fuit l’école et entre à l’agence Dalmas où on le cantonne à la chambre noire. Il empoigne rapidement l’appareil photo, un boitier pratique pour cacher une timidité naturelle. A 18 ans, il fait le portrait de toute la chanson française : Georges Brassens, Barbara, Léo Ferré, Serge Reggiani, Jacques Brel lors des grands soirs de l’Olympia. Et lorsqu’il attrape Edith Piaf en studio, on voit déjà le crépuscule d’une vie tomber sur les frêles épaules de la môme.

 

Dans les années 60, Daniel Angeli sera là où les choses se passent, au cœur de ce star système d’un nouveau genre, au cœur de sa démesure.

La méthode consiste à supprimer les intermédiaires, pratiquer la photographie comme une capture de l’instant. Pas de pose chez Daniel Angeli, mais que du mouvement.

 

Et le photographe attrape tout du mythe sixties et seventies : le trio Maria Callas-Aristote Onassis-Jackie Kennedy, les frasques des Rolling Stones ou de Dali, la Brigitte Bardot mythique période Saint-Tropez, la vie du festival de Cannes secouée par un nouveau cinéma (Jack Nicholson, Roman Polanski, Faye Dunaway et tant d’autres), la beauté de Romy Schneider…

 

Pour vivre au mieux ce nouveau métier, Daniel Angeli s’organise en photographe saisonnier : l’hiver dans la station suisse et huppée de Gstaad, l’été sur la Riviera. Il est ainsi au plus près du quotidien des célébrités qu’il traque : Frank Sinatra, Roger Moore, David Bowie, Elisabeth Taylor, Audrey Hepburn ou Natalie Wood. Certains, comme Marlene Dietrich, veulent casser son appareil, mais d’autres, comme John Lennon ou Aristote Onassis comprennent l’intérêt de sympathiser avec le photographe.

 

Exemple de ce rapport ambigu, l’un des plus beaux coups de la carrière du photographe : en 1977, Giovanni Agnelli, grand patron de la Fiat, doit gérer le rapt et la demande de rançon de son responsable français. Daniel Angeli le surprend sur son yacht, plongeant nu dans la mer. Une image de décontraction jurant avec le drame qui se joue. La photo secoue l’opinion, fait le tour du monde et finit par trôner sur le propre bureau du nabab italien.

 

Revisiter les clichés de Daniel Angeli, c’est dérouler une certaine histoire de la photo de presse : des débuts artisanaux, l’explosion et la pérennisation dans les années 60 et 70, la concurrence acharnée des années 80, puis les excès d’une médiatisation devenue incontrôlable jusqu’au drame Lady Di en 1997.

 

En 2006, Raymond Depardon invite son ami à exposer aux 37ème Rencontres Internationales de Photographie de Arles, puis, deux ans plus tard, c’est la Helmut Newton Foundation de Berlin qui l’accueille au sein de l’exposition événement « Pigozzi and the Paparazzi ».

Les archives du photographe s’ouvrent et aujourd’hui, chaque cliché peut raconter son histoire. 

Juillet 2012
Exposition Icônes à Saint-Tropez.

 

Juin 2012

Exposition « Icônes » Art District Gallery, Hôtel Royal Monceau, Paris

 

2008
Exposition « Pigozzi and the Paparazzi »,
Helmut Newton Foundation

 

2008
Exposition " Un paparazzo à la mer",
Vannes

 

2006
Exposition « Raymond Depardon et
ses invités », Les Rencontres d'Arles

 

2003
Exposition « Le regard des autres »,
Galerie 27.

 



2010
Sortie du livre « Plus près des Etoiles ».

 

2010
Sortie du livre « Daniel Angeli.
Objectif Une », autobiographie.

 

2008
Sortie du livre « Johnny »

 


1980
Sortie du livre « Private Pictures ».

 

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